Java/.NET : Types de données

Dans ce second billet de la série "Java/.NET", nous allons parler de toutes les différences touchant aux types de données.

Fichiers sources

En Java, le compilateur n’autorise qu’une seule et unique classe publique par fichier source. De plus, la classe publique d’un fichier source doit posséder exactement le même nom que le fichier dans lequel elle se trouve.

En C#, les restrictions comme celles-ci n’existent pas. Il est possible de déclarer plusieurs classes publiques au sein du même fichier, et aucune vérification n’est faite quand au nom du fichier contenant les classes.

Types primitifs - types valeurs

En Java comme en C#, il existe un type de données particulier : leur valeur est directement stocké dans une zone mémoire appelée la pile. De plus, ces différents types de données sont directement passés par valeur.

Ils peuvent représenter une valeur "basique", à savoir :
  • Un nombre (entier ou à virgule flottante)
  • Un caractère
  • Un booléen

En Java, ces types de données qui sont appelés des types primitifs. Il s’agit des seuls types de données qui ne sont pas des objets, c'est-à-dire qu’ils ne possèdent aucune méthode. Pour palier à cet inconvénient, il existe des types dits wrappers, qui sont des équivalents objets de ces types primitifs.

En C#, ces types sont appelés les types valeurs. Ils résident également sur la pile, mais ce sont cependant des objets. Chaque type valeur possède un alias, qui permet de faciliter l’appel de ces types dans le code. Par exemple, le type valeur Int32 possède un alias int. Ces alias seront convertis au moment de la compilation.

A noter également qu’en C#, les chaînes de caractères et les énumérations ont la particularité d’être des types valeur. Au contraire, les chaînes de caractères et les énumérations en Java sont des objets, et résident sur le tas.

Types références

Chacun des deux langages définit un autre type de variables : les types références.

Contrairement aux types primitifs (ou types valeurs), ils sont passés par référence lors des différents appels de méthodes. Ils représentent en général des types complexes, que nous allons définir nous même. De plus, la valeur de ces types de données est stockée sur le tas, et la pile ne contient qu’une référence vers ces objets.

En Java, chaque type primitif possède un équivalent en type référence. Ce sont les types wrappers. Ces objets sont des objets comme tous les autres objets Java. Leur valeur réside sur le tas et ils sont passés par référence lors des différents appels de méthodes. Depuis Java 1.5, la conversion entre les types primitifs et types wrapper est automatique.

En C# comme en Java, les classes sont des types références.

Structures

Le langage C# introduit un type de données qui n’existe pas en Java : le type structure. Les structures sont un type de données semblable aux classes, sauf qu’elles sont de types valeur, et non de type référence.

Cette différence implique que les structures sont stockées sur la pile (et non sur le tas, contrairement aux objets), et qu’elles sont passées par valeur en paramètre aux méthodes.

De par leur statut particulier, les structures ont cependant quelques fonctionnalités en moins par rapport aux classes. Il est impossible par exemple d’hériter d’une structure en C#.

Enumérations

En Java, les énumérations sont des objets. Comme pour les objets, il est possible de leur définir des attributs, des méthodes, et même des constructeurs.

Contrairement à cela, en C#, les énumérations sont de type valeur. Les énumérations correspondent à des entiers codés sur 8, 16, 32 ou 64 bits. Il est également possible d’assigner n’importe quelle valeur numérique à une énumération (y compris des valeurs non définies dans l’énumération), ainsi que de combiner plusieurs valeurs pour une même énumération grâce à l’opérateur | (bitwise or).

Espaces de nommages

Lors du développement d’applications, il arrive que plusieurs structures de données (classes, interfaces, énumérations...) possèdent le même nom. Afin d’éviter les collisions de noms ainsi générées, chaque langage à mis en place sa propre solution : les espaces de nommages.

En Java, un espace de nommage s’appelle un package. Un package doit être déclaré en début de tout fichier source grâce au mot clé package suivi du nom du package, et s’applique à tout le fichier. Il est possible d’accéder à des classes appartenant à d’autres packages grâce au mot clé import, suivi du nom de la classe à importer. Il est également possible d’importer toutes les classes d’un package en utilisant l’étoile (*).

En C#, un espace de nommage s’appelle un namespace. Un namespace est un bloc de code, noté grâce au mot clé namespace, suivi du nom du namespace. Il est possible d’utiliser des classes appartenant à d’autres espaces de noms grâce au mot clé using, suivi du nom de l’espace de nom à utiliser.

Voici par exemple la déclaration de deux classes dans un espace de nommage, en Java (à gauche) et en C# (à droite) :
package ns;

class Toto {
}

class Tata {
}

namespace Ns
{
    class Toto
    {
    }
    class Tata
    {
    }
}

Types génériques

Java et C# implémentent tous les deux les types génériques. Si l’utilisation est similaire dans les deux langages, leurs implémentations sont cependant très différentes.

Premier point, les types génériques en Java n’acceptent pas les types primitifs, alors que l’implémentation en C# accepte les types valeurs.

Second point, les génériques en Java sont implémentés selon une technique dite du type erasure. Derrière ce nom effrayant se cache un concept simple : les génériques en Java sont évalués à la compilation, toute trace de type générique n’existe plus à l’exécution. C’est le compilateur qui va se charger de transformer les types génériques en leurs opérations équivalentes (principalement du transtypage et des vérifications de types), et supprimer toute trace de leur passage.

Contrairement à cela, les génériques en C# persistent à l’exécution, et sont interprétés par l’environnement d’exécution. Il est donc possible de connaître le type générique d’une classe ou d’une méthode lors de l’exécution.

Les conséquences sont alors multiples. Par exemple, en C#, il est possible de créer une instance d’un type générique, et des tableaux de types génériques, choses qui sont impossibles à faire en Java, principalement à cause du type erasure.

Autre différence importante, il est possible d’effectuer des vérifications plus poussées sur les types utilisés en tant que types génériques dans le langage C#. Par exemple, en C#, il est possible de définir une contrainte « Cette classe utilise un type T, qui doit posséder un constructeur par défaut », contrainte qui est impossible en Java.


Voilà donc la fin de cette liste de différences entre Java et C# en ce qui concerne les types de données.

Le prochain billet portera sur les opérateurs, et devrait parler de deux fonctionnalités présentes en C# et inexistantes en Java : la surcharge des opérateurs et les indexeurs.

PS : Ceci était de 42ème billet de ce blog ;-)

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Comments:

Le type chaîne en C# n'est pas un type valeur mais bien un type référence.
En C#/.NET, on peut distinguer les types comme cela :
- types de base vs types définies par le développeur
- types valeurs vs types références
Ces critères sont tous compatibles, quelques exemples :
type "base" "valeur" : bool
type "base" "reference" : string
type "personnalisé" "valeur" : MyStructure
type "personnalisé" "référence" : MyClass

Posted by Pascal Fresnay on novembre 24, 2008 at 11:34 AM CET #

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